Le problème : la compression du nerf median

Les nerfs responsables de la sensibilité et la motricité de la main sont le nerf médian, le nerf radial et le nerf ulnaire.
Le nerf médian assure la sensibilité des trois premiers doigts de la main et la motricité de plusieurs muscles du pouce.
Il chemine le long de la face palmaire du poignet et dans la paume de la main avec les tendons fléchisseurs au travers d’un tunnel appelé le canal carpien. Ce tunnel est constitué des os de la main qui forment une gouttière. Cette gouttière est fermée par une structure tissulaire appelée ligament annulaire antérieur (figure 1).

main canal carpien

Pour une raison le plus souvent inconnue, l’espace contenu dans le canal carpien se réduit, amenant à une compression des éléments passant au travers ce canal carpien, et notamment une souffrance du nerf médian (figure 2).
Cette souffrance se manifeste par des douleurs et des fourmillements dans les trois premiers doigts de la main, mais peuvent aussi parfois toucher l’ensemble des doigts de la main. Initialement, ils surviennent de préférence la nuit, pour ensuite devenir permanents. Le patient se plaint aussi parfois d’une maladresse de la main et de lâcher les objets par manque de force.
À un stade précoce, le traitement médical consiste à porter une attelle.
À un stade plus évolué, le traitement est chirurgical. Il a pour but de faire disparaître les douleurs et d’obtenir une récupération de la force.

L’intervention : ouverture du canal carpien

L’intervention consiste à décomprimer le nerf médian en ouvrant le canal carpien. Une courte incision est réalisée sur la paume de la main.
Le ligament annulaire antérieur est exposé. Il est incisé, c’est-à-dire ouvert sur toute sa longueur. L’ouverture du tunnel libère le nerf, ainsi décomprimé (figures 3 et 4).
L’intervention est réalisée sous anesthésie loco-régionale ou générale. C’est votre anesthésiste qui décide avec vous de la meilleure anesthésie en fonction de votre état de santé.
Elle dure en moyenne 15 minutes et vous ne restez que quelques heures à l’hôpital.
Après l’opération, un pansement stérile est mis en place.
Le traitement de la douleur sera mis en place, surveillé et adapté de manière très rapprochée dans la période post-opératoire.

La rééducation post-opératoire et la reprise des activités

Le pansement n’est pas changé les 2 premières semaines. La première réfection de pansement est réalisée en consultation en présence du chirurgien.
Une auto rééducation, réalisée par le patient lui-même, est débutée dés le premier jour post-opératoire. Elle consiste à entretenir les mobilités du poignet et des doigts. Les mouvements de force réalisés avec la main opérée doivent être évités pendant 2 mois.
La reprise du volant est envisageable au bout de 2 semaines. La reprise du travail survient en général après 4 semaines et cela en fonction de votre profession. Les activités sportives débutent progressivement après le 2ème mois.

Les risques et les complications

En plus des risques communs à toute intervention chirurgicale et des risques liés à l’anesthésie, notons quelques risques plus spécifiques à cette chirurgie :
Il est possible que la zone opérée saigne et qu’il se forme un hématome. En fonction de son importance, une évacuation peut être nécessaire.
En post-opératoire, un gonflement du poignet et de la main se développe. Ce n’est pas à proprement parler une complication, mais l’évolution normale des suites opératoires. Afin de diminuer celui-ci, un traitement préventif est mis en place par glaçage et anti-inflammatoire.
Une raideur articulaire peut se développer si la rééducation post-opératoire n’est pas bien prise en charge.
La survenue d’une infection reste exceptionnelle. Cette complication connue nécessite un lavage de la zone infectée et la mise sous antibiotiques.
Les branches nerveuses du nerf médian peuvent être accidentellement blessées. Cette complication exceptionnelle peut occasionner une diminution de la sensibilité des trois premiers doigts de la main et parfois un déficit partiel de la mobilité
du pouce.
Des réactions inflammatoires post-opératoires peuvent occasionner des douleurs importantes. Ces réactions exacerbées correspondent parfois à une algodystrophie. Cette complication bien que rare, reste très longue à guérir. Cependant, de nouveaux traitements existent et permettent de la gérer plus facilement.
Les risques énumérés ne constituent pas une liste exhaustive. Votre chirurgien vous donnera toute explication complémentaire et se tiendra à votre disposition pour évoquer avec vous chaque cas particulier avec les avantages, les inconvénients et les risques de l’intervention.

Les résultatsLes résultats sont très encourageants puisqu’on retrouve une disparition des douleurs dans 90% des cas, une récupération progressive de la sensibilité des doigts et de la main dans plus de 80% des cas, et une récupération de la force à 3 mois dans plus de 95% des cas.


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